Le texte suivant est un compte rendu de la
soirée UMES
consacrée aux éleveurs de
chats ayant eu pour thème "Comment gérer le
parasitisme dans
mon élevage?". Rédigé par le Docteur Maud Henaff
en synthèse des idées
émises durant cette soirée, il dresse un tour
d'horizon des
problématiques et de la meilleure manière de
prévenir, voire de guérir
et d'assainir.
Lors de la dernière réunion UMES, une nouvelle
formule a été inaugurée en présence d’une trentaine d’éleveurs de chats
particulièrement motivés.
Tout d’abord, Nora Brigui a présenté les résultats
de l’étude portant sur la trichomonose féline, affection due à un parasite
unicellulaire (Tritrichomonas foetus). Cette étude, qui a pu être
réalisée grâce à l’étroit partenariat existant entre les éleveurs félins et l’UMES,
est la première à avoir mis en évidence la présence de ce parasite chez le chat
en France.
Puis cinq petits groupes de travail ont été
constitués (de 5 à 6 personnes), et ont tenté de réunir leurs réponses à
différentes questions. Ce compte-rendu expose les réponses qui ont été apportées
par les différents acteurs présents lors de cette réunion (éleveurs et
vétérinaires).
Quelle est ma méthode pour évaluer la présence de
parasites dans mon élevage ?
La méthode la plus souvent citée pour évaluer la
présence de parasites dans un élevage est la détection de signes cliniques. La
présence de parasites internes est suspectée lors d’épisodes de diarrhée (donc
au moment du ramassage des selles dans les litières), ou de chatons au ventre
gonflé, ou encore lorsqu’on constate la présence de parasites visibles à l’oeil
nu dans les selles ou le vomi.
La présence de parasites externes (en particulier
les puces) est suspectée lorsque des crottes de puces sont visibles dans le
pelage du chat, ou lorsqu’on constate la présence de lésions sur le pelage ou
sur la peau du chat (par exemple pour la teigne). Les lésions sur les humains
sont également le signe de la présence de parasites félins.
La notion de « chat sentinelle » a également été
évoquée : certains chats sont particulièrement sensibles à certaines parasitoses
(internes ou externes) et sont systématiquement les premiers atteints et les
premiers à développer des signes cliniques lorsqu’il y a infestation de
l’effectif. Le traitement de tout l’effectif s’impose lorsqu’on constate
l’infestation de ce chat sentinelle.
Le plus souvent, le traitement se fait
systématiquement, en préventif, sans avoir mis en évidence de signe clinique,
donc a priori à l’aveugle, sans avoir mis en évidence de parasite.
Toutefois, rappelons que ce n’est pas parce qu’on
ne voit rien qu’il n’y a rien ! Très souvent, les chats sont infestés
mais aucun signe n’est visible à l’oeil nu…
Seuls des examens complémentaires (par exemple des
coproscopies, c’est-à-dire la visualisation d’éléments parasitaires au
microscope à partir des selles) pourraient mettre en évidence cette infestation.
Pourtant, en pratique, très peu de coproscopies
sont réalisées ; le plus souvent elles ne sont effectuées qu’en cas de problème
digestif par exemple. Certains éleveurs demandent des examens complémentaires
(recherche de parasites digestif par coproscopie, recherche de spores de teigne
par moquette…) lors de la quarantaine, avant toute introduction d’un nouveau
chat dans l’effectif. Ceci permet a minima de connaître le statut de tout
nouvel arrivant, et de le traiter en conséquence avant de le présenter à ses
nouveaux congénères, pour éviter qu’il ne les contamine.
Rappelons que tous les chats sont susceptibles
d’être parasités, qu’ils soient de race ou pas : en effet, les parasites du chat
sont extrêmement adaptés à l’espèce féline dans son ensemble, et le mode de
fonctionnement de certains parasites félins les rend inhérents aux chats, quels
qu’ils soient.
Quelle est ma stratégie sanitaire pour lutter
contre la présence des parasites (internes et externes)?
Le premier élément cité est le plan de
nettoyage/désinfection. Rappelons ici que le nettoyage des surfaces (à l’aide
d’un nettoyant ou détergent) doit être l’étape incontournable précédant la
désinfection (à l’aide d’un désinfectant). Le nettoyage des surfaces est
quotidien, tandis que la fréquence de désinfection varie en fonction de la
nature des surfaces, du statut des chats (par exemple les locaux des chatons
sont désinfectés plus fréquemment que ceux des adultes), ou encore du produit
utilisé.
De nombreuses personnes ont insisté sur le
nettoyage des couvertures dédiées aux chats, effectué le plus souvent possible
(nettoyées en machine à laver à 60°C tous les deux jours) afin de limiter la
contamination de l’environnement. Certains éléments sont jetables, afin de
diminuer la pression parasitaire dans l’environnement.

Le traitement est
généralement effectué à l’aveugle, sans avoir identifié la cible.
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Deux chats pour une litière |
Les litières utilisées sont de différente
nature (souvent agglomérante). Le nombre de chats partageant une même
litière est variable ; notons ici que lorsque le nombre de chat augmente,
le risque de contamination parasitaire augmente de façon exponentielle :
s’il est possible de gérer un groupe de 3 chats avec une seule litière, il
paraît plus difficile de gérer les contaminations parasitaires dans un
groupe de 12 chats ne disposant que de 4 litières. Il faut alors augmenter
le nombre de litières (par exemple 1 pour 2), en prenant les dispositions
nécessaires pour que tous les chats n’aillent pas dans la même litière (et
donc en faisant des lots de chats).
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Une idée a été proposée en cas de diarrhée aiguë :
il est possible d’utiliser alors une litière papier, de manière à la changer
aussi fréquemment que nécessaire (au fur et à mesure que le chat malade souille
la litière).
Le nettoyage des bacs à litières varie en fonction
du statut physiologique des chats : elles sont généralement nettoyées tous les
jours pour les adultes, et souvent 2 fois par jour pour les chatons.
Afin de gérer la pression parasitaire dans
l’environnement, la conception des locaux est une étape incontournable : les
surfaces doivent être facilement nettoyables et désinfectables. Différents
matériaux sont utilisés : le carrelage ou le lino pour le sol, et plus récemment
la résine. Les murs sont fréquemment recouverts de carrelage ou de peinture
lavable.
Certains matériaux peuvent être en bois à la seule
condition que ce dernier soit verni (siliconé). Les arbres à chats sont
particulièrement visés (car ils abritent très souvent de nombreux parasites
externes) : un nettoyage quotidien à l’aspirateur est nécessaire, et doit être
associé à d’autres traitements en fonction de l’objectif (fipronil pour la lutte
contre les puces, énilconazole pour la lutte contre la teigne…).
L’aération des locaux a été évoquée afin d’assurer
une ambiance saine à l’intérieur des locaux ; certains éleveurs laissent la
fenêtre entrouverte en permanence, tandis que d’autres contrôlent la durée
d’ouverture en fonction de la présence de chatons ou d’individus sensibles.
Le gazon est un lieu privilégié pour les
parasites, qui trouvent sur cette surface tout ce dont ils ont besoin lors de
leur phase externe (beaucoup ont besoin d’une maturation dans le milieu
extérieur). L’accès au gazon doit donc être contrôlé, et tout éleveur doit
prendre conscience du risque parasitaire pour les chats ayant accès à une zone
herbeuse.
Enfin, la quarantaine a été évoquée comme la voie
d’entrée par excellence des nouveaux parasites ; il est important de comprendre
que le risque principal provient de l’introduction de nouveaux chats n’ayant eu
au préalable aucun contact avec l’élevage en question. Le risque parasitaire au
retour d’exposition est largement secondaire.
Combien me coûte, par an, ma prophylaxie médicale
antiparasitaire (externe et interne) ?
Différentes évaluations ont été données, allant du
simple au… centuple ! Les propriétaires de 1 à 2 chats donnent souvent des
chiffres de 50 à 100€ par an, alors que les propriétaires de plusieurs dizaines
de chats ont un budget « antiparasitaire » beaucoup plus élevé, même ramené au
nombre de chat. En effet, la mise à la reproduction et la naissance de chatons
augmente largement le nombre de délivrances d’antiparasitaires, et la vie en
communauté augmentant le risque épidémiologique, la fréquence de médication est
plus élevée pour un chat vivant en groupe que pour un chat isolé.
Rappelons ici que tout antiparasitaire interne est
soumis à ordonnance, ce qui n’est pas le cas des antiparasitaires externes.
Quels sont les chats de mon élevage que je cible
particulièrement lors de ma prophylaxie antiparasitaire (sanitaire, médicale) ?
Les femelles reproductrices et les chatons sont
bien entendu les animaux particulièrement ciblés ; toutefois, tous les chats de
l’élevage sont considérés comme « à risque » et doivent recevoir régulièrement
un antiparasitaire. Les chats présentant des signes cliniques d’infestation sont
également particulièrement ciblés ; toutefois, les antiparasitaires sont le plus
souvent distribués de façon préventive (avant l’apparition de signes cliniques)
et à l’aveugle (sans avoir identifié de cible).
Une question a porté sur l’âge minimal
d’administration d’antiparasitaires. Les chatons peuvent généralement être
vermifugés à partir de 15 jours d’âge, à condition de respecter le dosage et
d’utiliser un antiparasitaire n’ayant pas de contre-indication liée à leur jeune
âge.
Crédits:
Auteur: Docteur
Maud Henaff, Publication initiale le 21 février
2007 sur le site de l'UMES
Document
mis en ligne le 06 mars 2006 sur Maine Coon France.
Merci au Professeur Dominique Grandjean,
responsable de L'UMES pour nous
avoir autorisés à publier ce document sur Maine
Coon France.
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Créée
en 1996, à l'initiative du professeur Dominique
GRANDJEAN au sein de l'Ecole Nationale
Vétérinaire d'Alfort, l'Unité de
Médecine de l'Elevage et du Sport a la
vocation d'être un trait
d'union scientifique et technique entre les
professionnels de l'animal de compagnie et les
vétérinaires.
L'UMES s'organise
en quatre sous-unités :
- la
médecine sportive canine,
- la
rééducation fonctionnelle,
- la
médecine de l'élevage,
- la
biomécanique
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